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Lutte contre le Covid-19 : l’IMPM abrite une concertation entre le gouvernement et les acteurs de la médecine alternative

« J’en appelle à une sorte d’« union sacrée » de toutes les forces vives de la Nation pour combattre la pandémie du Coronavirus. […] J’encourage également tous les efforts visant à mettre au point un traitement endogène du COVID-19. Consacrons toutes nos énergies à la lutte contre cet ennemi commun. »

S.E. Paul Biya, discours à la Nation, 19 mai 2020.

Dans son discours à la Nation le 19 mai 2020, le président de la République, chef de l’Etat, appelait de tous ses vœux une synergie des efforts visant à associer les initiatives locales à la lutte contre la pandémie du Covid-19. C’est dans le sillage de ces instructions que le ministre de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Dr. Madeleine Tchuinté, a organisé une réunion de concertation interministérielle avec les acteurs de la pharmacopée traditionnelle.

La rencontre visait entre autres, comme l’a souligné madame le ministre dans son mot d’ouverture, à « encourager les initiatives développées par les acteurs de la pharmacopée traditionnelle contre le Covid-19 ». L’enceinte de l’Institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales à Yaoundé était, dès lors, tout indiquée pour abriter cette importante rencontre qui s’est déroulée le mercredi 15 juillet 2020, compte-tenu des missions régaliennes de l’Institut dont l’une des composantes majeures est la collaboration et l’accompagnement des tradithérapeutes et des chercheurs indépendants en matière de santé humaine.

Outre le ministre hôte qu’accompagnait le président du Conseil d’administration de l’IMPM, quatre membres du gouvernement (le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur, Pr. Jacques Fame Ndongo, le ministre de la Santé publique, Dr. Manaouda Malachie, le ministre de l’Éducation de base, Laurent Serge Etoundi Ngoa et le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Gabriel Dodo Ndoke), ont marqué de leur présence effective ces assises, affirmant ainsi la ferme et déterminante volonté des pouvoirs publics à encourager et accompagner les acteurs de la médecine alternative dont certains proposent des solutions thérapeutiques anti-covid19 jugées dignes d’intérêt.

Ces derniers ont saisi l’opportunité offerte par ces quatre heures d’horloge d’exposés et d’échanges pour faire part de leurs expériences, de leurs travaux et des résultats de leurs recherches, à travers les voix de Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala et tradithérapeute, Dr Peyou Ndi Samba Mbezele Marlyse, chercheur et médecin-biochimiste, Dr Yiagnigni Mfopou Euloge, médecin-cardiologue, M. Victor Emmanuel Lipoth, naturopathe et Dr Shantal Josephine Briand, spécialiste des médecines alternatives.

Au terme de ces échanges fort instructifs, si Mgr Kleda s’est réjoui de ce qu’« il était temps que notre gouvernement puisse prendre connaissance des travaux significatifs des chercheurs, tradipraticiens et autres de la médecine alternative et, surtout, mettre en avant les produits qui découlent de nos recherches», le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur, Pr. Jacques Fame Ndongo, qui co-présidait la rencontre, a invité les chercheurs à « une validation scientifique […] absolument nécessaire » des produits de leurs recherches, notamment à travers les essais cliniques,  pour faciliter l’encadrement institutionnel et donner aux solutions qu’ils proposent une crédibilité internationale.

Les travaux se sont achevés par la formulation de quelques recommandations destinées aux décideurs, en l’occurrence :

  • (1) l’encadrement des acteurs de la médecine traditionnelle par les pouvoirs publics ;
  • (2) la collaboration entre les acteurs de la médecine alternative et les institutions gouvernementales ;
  • (3) l’élaboration d’un accord-cadre de coopération en vue d’une action concertée et harmonisée entre le MINRESI, le MINSANTE, le MINESUP et les autres acteurs de la médecine alternative ;
  • (4) l’élargissement de telle rencontre de concertation à un plus grand nombre d’acteurs de la médecine traditionnelle ;
  • (5) le renforcement des capacités des ministères sectoriels concernés, des laboratoires, des chercheurs et des universités en vue d’un meilleur encadrement des acteurs de la pharmacopée traditionnelle ;
  • (6) la codification et la standardisation de la médecine alternative ;
  • (7) le développement d’une stratégie nationale de culture et de conservation des plantes médicinales ;
  • (8) la mise en place d’un comité de suivi de la mise en œuvre des présentes recommandations.