LUTTE CONTRE LE COVID-19: LE MINRESI ET L’IMPM A PIED D’OEUVRE

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LUTTE CONTRE LE COVID-19: LE MINRESI ET L’IMPM A PIED D’OEUVRE

Le ministère de la Recherche scientifique et de l’innovation (MINRESI) et l’institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales (IMPM), sont résolument engagés dans la riposte nationale contre la propagation du COVID-19. Aussi, afin de définir les orientations impératives pour la mise en œuvre sans délai des instructions gouvernementales, le conseil d’administration de l’IMPM a tenu une double session extraordinaire, le vendredi 27 mars 2020 et le mardi 14 avril 2020 dans la salle de conférence de l’institut, sous la présidence du Professeur Rose GANA FOMBAN épouse LEKE. Les résolutions prises et les recommandations formulées ont permis d’obtenir l’autorisation des pouvoirs hiérarchiques pour l’implication de l’IMPM dans le dépistage massif des personnes à risque d’infection au COVID-19,  ainsi que l’acquisition des tests nécessaires audit dépistage, et pour la production de l’hydroxychloroquine et de l’Azithromycine, solutions intégrées dans le protocole national de prise en charge des patients infectés par cette pandémie.

Y faisant suite, la direction générale de l’IMPM a pris les dispositions nécessaires pour assurer de façon efficiente et efficace les actions suivantes :

  • La veille épidémiologique, par le centre de recherches sur les maladies émergentes et réémergentes (CREMER) ;
  • La production à grande échelle de l’hydroxychloroquine et de l’Azithromycine, par le centre de recherches sur les plantes médicinales et la médecine traditionnelle (CRPMT);
  • Le dépistage et la mise à disposition de tests de dépistage, par le centre de production des tests et des réactifs (CAMDIAGNOSTIX).

L’importance d’une veille épidémiologique

Le centre de recherches sur les maladies émergentes et réémergentes (CREMER) entre dans un réseau régional et international animé par l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), dont le siège à Montpellier en France. Ce centre a, à son actif, participé à plusieurs travaux de portée mondiale dans la forêt du Bassin du Congo. Il comporte en son sein des ressources humaines expérimentées dans le cadre des épidémies qui sévissent dans les massifs forestiers qui regorgent de nombreux réservoirs de virus émergents.

En outre, son plateau technique très élevé et sa bio-banque vont lui permettre de jouer un rôle dans :

  • la caractérisation en temps réel du virus COVID-19 et le développement des activités d’épidémiologie moléculaire pour la surveillance des vivants. Cette activité permettra de surveiller les éventuelles mutations du virus ;
  • le contrôle de qualités des tests admis dans l’algorithme élaboré par le Ministère de la Santé, car les tests utilisés doivent rester fiables et sensibles par rapport à l’évolution du virus ;
  • la mise au point d’une surveillance des transmissions inter-espèces et la veille étroite sur la faune domestique et la faune sauvage ;
  • des tests de dépistages automatisés, avec des automates capables de réaliser 1500 à 2000 tests par jour dans le cadre des missions de dépistages de masse.

Les activités à mener au sein de ce centre vont permettre :

  • l’offre de dépistage et de diagnostic augmentée et diversifiée ; alerter et prédire des épidémies à venir ;
  • la bonne connaissance des souches de CORONAVIRUS en circulation au Cameroun ;
  • la prédication des futures épidémies grâce à la modélisation mathématique des résultats de recherche mis à la disposition des décideurs ;
  • la connaissance des animaux, réservoirs du coronavirus et l’évaluation du risque de transmission à l’homme.

Equilibrer la balance Riposte – Veille

A travers le laboratoire de virologie du centre de recherches sur les maladies émergentes et réémergentes (CREMER), laboratoire de référence OMS, l’IMPM dispose d’un plateau technique approprié pour la caractérisation du Coronavirus. Les actions qui doivent être menées consistent à surveiller et à comprendre cette pandémie, anticiper les différents scénarios, non seulement mettre en place une riposte sanitaire, mais investiguer de façon fondamentale sur les caractéristiques de ce virus qui peut évoluer très rapidement (mutation), rendant obsolètes les actions de prévention, de diagnostic et de prise en charge. Aussi, la nature même du risque exige des stratégies parfaitement coordonnées, qui mutualiseraient des actions de riposte et des actions de veille.

Cette veille consisterait à:

  • ralentir l’épidémie ;
  • comprendre l’agent pathogène ;
  • investiguer sur les médicaments et les moyens de diagnostic appropriés.

Les chercheurs de l’IMPM/CREMER s’y attèlent sans ménagement.

La production de l’hydroxychloroquine et de l’Azithromycine

Par rapport à la stratégie nationale de lutte contre la pandémie COVID-19, le centre de Recherche sur les plantes médicinales et la médecine traditionnelle (CRPMT) permettra à l’IMPM de:

  • développer un immunostimulant à base de plantes comme inhibiteur potentiel du COVID-19. Il s’agit d’une combinaison de plantes dont les études scientifiques ont montré des principes actifs immuno-modulateurs, antioxydants et anti-inflammatoires ;
  • mettre en place un système d’investigation dans le pool des recettes du système de la médecine alternative du Cameroun ; celui-ci sera capable d’inventorier des activités capables de réduire la morbidité liée au COVID-19 ;
  • produire de l’hydroxychloroquine et de l’Azithromycine comme traitements efficaces de la pneumonie associée au COVID-19. L’association hydroxychloroquine et Azithromycine fait partie des médicaments OMS SOLIDARITY. Ces médicaments sont actuellement utilisés dans certains pays pour le traitement du COVID-19.

Dans le passé, l’IMPM produisait de la chloroquine. Il s’agit alors de réhabiliter cette activité en l’adaptant aux besoins de l’heure tout en respectant la réglementation éthique et les bonnes pratiques.

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